Financement de l’école privée
Article mis en ligne le 13 avril 2024

par SYLKNOE

Pendant que faute d’enseignants des classes ferment, pendant que les réformes bureaucratiques se succèdent, que la gestion prend le pas sur l’éducatif, que les budgets se rétrécissent, l’enseignement confessionnel va bien merci. Il cumule en effet les subventions données par l’État et la participation financière des parents. Le projet « éducatif » a le mérite d’être clair, au mieux on enseigne une « laïcité ouverte », mais plus sournoisement les principes de la droite conservatrice et religieuse.

Cependant, selon l’AFP, un rapport parlementaire étrille le financement public de l’enseignement privé sous contrat, majoritairement catholique, et propose des sanctions en cas de manquements, notamment financement opaque, dépense publique sous-estimée. Le rapport note également des contrôles insuffisants.

L’enseignement privé scolarise 17% des élèves en France (2 millions) et il est financé " a minima à 75% par la puissance publique".

Près de 60 organismes (administrations, collectivités territoriales, réseaux d’établissements, enseignants...) ont été auditionnés.

Le constat : « Malgré l’importance des sommes en jeu (9,04 milliards d’euros en 2024) l’allocation de cette dépense est "peu transparente", "sans cadre légal systématiquement défini et éminemment politique"  ». Les contrôles sont rares et ne reposent que sur de "rares signalements", comme pour le lycée musulman Averroès à Lille ou le collège Stanislas à Paris.

Le document pointe également des "angles morts" dans le contrôle pédagogique des établissements, notamment "la bonne application des dispositions relatives à l’instruction religieuse".

"Les contreparties exigées des établissements privés sont loin d’être à la hauteur des financements, comme en témoigne la dégradation de la mixité sociale et scolaire".

Ainsi, l’ensemble des contribuables finance un système éducatif à deux vitesses. L’un pour la majorité des citoyens, certains déjà handicapés par leur origine sociale et géographique, les faibles revenus de leur famille ; l’école puis le collège s’avérant incapables de réduire les inégalités, le système les aggravant au contraire.

L’autre, destiné aux plus riches, bien doté, bien orienté, préparera ces élèves déjà privilégiés à être les dirigeants de demain, toujours privilégiés, et sans la notion la plus élémentaire de ce qui fait la vie réelle de l’ensemble de la population. Il ne faut pas s’étonner de voir fleurir des projets, des réformes, des schémas d’encadrement qui résultent non seulement de l’adhésion au néolibéralisme, mais aussi de cette coupure initiale entre la future « élite » ( ?) et la « masse ». Nous sommes en république mais on le sait, certains sont plus égaux que d’autres. Quant à la laïcité, je continue à ne pas comprendre comment, au vu de la constitution, on peut financer un enseignement confessionnel…

Léonore