Lorsque partent celles et ceux que nous admirons, aimons, estimons, c’est toujours trop tôt. Et c’est particulièrement vrai encore pour Marjane Satrapi, opposante au régime de dictature théocratique de Téhéran, autrice de « Persepolis », réalisatrice de plusieurs films, et artiste peintre. Elle avait 56 ans, et n’a pu supporter la maladie puis le décès de son compagnon.
Exilée en France depuis une trentaine d’années, sa quête de liberté ne l’a jamais quittée. En janvier 2025, elle avait eu le courage et la lucidité de refuser la Légion d’honneur, en raison de la position ambigüe de la France vis-à-vis de l’Iran.
Lorsque j’ai lu « Persepolis » en BD, j’ai été tout à la fois émue, subjuguée, étonnée : comment réussir à faire passer autant de sentiments, d’émotions, de faits politiques, par ces traits apparemment si simples et en fait si parlants… Puis il y a eu le film, qu’il est sans doute encore possible de revoir.
Marjane Satrapi nous incite à ne pas baisser les bras devant l’adversité, qu’elle vienne du fascisme, de l’intolérance religieuse, des traditions mortifères ou de nos petits – si petits- souci quotidiens.
Léonore