Anne-Sophie Tassart en fait la recension le 11.03.2026 dans la Revue Sciences et Avenir.

Quelques extraits :

« "Il n’existe aucune preuve d’un quelconque bénéfice lié à l’effort de contrôle" des espèces considérées comme nuisibles en France. C’est la conclusion, notée noir sur blanc, des chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) livrée dans une étude publiée le 9 mars 2026 dans la revue Biological Conservation.
En France, 1,7 million de renards, de mustélidés et de corvidés sont abattus chaque année avec pour volonté affichée de réduire les risques sanitaires et les pertes économiques liées notamment à l’atteinte aux cultures et à l’élevage. Les chercheurs du MNHN ont donc évalué économiquement et écologiquement les conséquences d’un tel contrôle sur une durée de sept ans, de 2015 à 2022.
L’étude s’est concentrée sur dix "espèces susceptibles d’occasionner des dégâts" (ESOD) dont le renard roux, la fouine, la martre des pins, la corneille noire ou encore le geai des chênes. Tous les trois ans, un décret national précise pour chaque département les efforts de contrôle qui doivent être fournis pour chaque espèce localement, et sur les trois années à venir. »

« …l’étude souligne que ses auteurs n’ont "pas réussi à trouver de relations significatives entre l’ampleur des dégâts signalés au cours d’une période triennale et le nombre d’abattages au cours de la période triennale suivante". »

« "La lutte létale serait économiquement justifiable si les dépenses estimées des activités de lutte étaient inférieures ou au moins égales aux gains financiers correspondant à la réduction des coûts des dommages causés par les ravageurs. Ce n’est pas le cas pour les oiseaux et mammifères vertébrés nuisibles indigènes en France", assènent les chercheurs du MNHN. »

« "L’abattage sélectif étant inefficace, économiquement injustifiable et éthiquement discutable, nous recommandons de concentrer d’urgence les efforts sur la réduction et la prévention des dommages, ce qui ne requiert pas de mesures létales", écrivent-ils. »

« L’abattage de ces espèces pose un autre problème de taille. Il réduit à néant les rôles écosystémiques que jouent ces animaux, des avantages dont profite l’humanité. "Par exemple le geai des chênes fait des réserves de glands en automne mais il oublie ensuite plusieurs cachettes, explique le Pr Jiguet. De cette façon, il sème donc des chênes dans toute la forêt et permet la régénération forestière. Le renard mange des campagnols qui font partie du cycle de vie des tiques porteuses de la maladie de Lyme. Aussi les corvidés sont des charognards et permettent de se débarrasser des animaux morts en ville ou dans les campagnes". Et d’ajouter : "Ces espèces sont indigènes, donc elles ont leur place dans notre écosystème. On pourrait tout aussi bien chiffrer les services qu’elles rendent". »

Sources :
https://www.mnhn.fr/fr/actualites/l...
https://www.sciencedirect.com/scien...

Léonore